Poème : Épitre amoureuse

Quand le soir, Phoebus fait son apparition,
La Terre, tristement, achevant sa rotation,
Les décagones en scintillement,
La pénombre en couronnement,
Mon âme, fugitive, vole vers toi,
Froide, sourde à toutes ces voix
Intérieures murmurant des reproches ;
Elle va, lentement, de toi, se rapproche.
Parcourant les déserts de la Solitude,
Elle aspire à une oasis de plénitude,
Un abri dans cet univers meurtri,
Une auberge, l’Éden, le paradis.

Jeune fleur, ne voyez-vous point Solenza
Me torturer, m’envahir comme un eczéma ?
N’entendez-vous point les complaintes de mon cœur
Tourmenté, effaré, brisé et plein de rancœur ?
Ne sentez-vous point cette fétide odeur de la mort
Qui plane sur mon être et qui me cause du tort ? 

Cette missive, tout mon être l’a transcrit,
D’un baiser passionné, Vénus, l’a bénie,
Et Cupidon, divinement vous la colporte,
Et à l’instant, se dresse à votre porte,
Ouvrez-la-lui, ne fermez point votre cœur,
Acceptez-la et apaisez ma cynique douleur !


ANWONE Rachid, Poèmes Nouveaux

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