Poème : La nuit

Dame Phoebe en robe du soir,
Emplit le ciel tantôt noir ;
Comme à l’accoutumée, incertaine,
Elle demeure là-haut, hautaine.
Les ombres en maitres, le ciel,
S’accaparent sans le moindre duel,
Les sagaies dorées, parties en exil,
L’obscurité conquiert la ville.
Le monde, brusquement, s’assourdit ;
Les hommes se seraient endormis ?

Là, tout haut, elle luit,
A  tout moment, elle suit
D’un œil jaloux, tout mouvement
Descendant comme ascendant ;
Elle est triste, seule, froide, mélancolique
Et semble se dire : que la terre est pittoresque !
Noyée dans ses pensées, les yeux en larmes,
Elle nargue l’humanité par son charme.

Que ma journée est courte, ajoute-t-elle !
Je suis là et nul ne me trouve belle.
Telle est la complainte de la nuit,
Quand, froide, sourde et sans bruit,
Elle s’immisce dans nos monotones vies,
Et à l’aube, au loin, elle va et gémit.

Ainsi, souvent, les soirs je suis
Triste, calme et incompris,
Seul face à me peurs,
Rêvant au bonheur.

ANWONE Rachid, Poèmes nouveaux

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