Poème : Stoïcisme

Le cygne au repos sur l’onde
Se peigne et ajuste sa coiffure ;
Qu’il est beau ! Quelle désinvolture :
Il est là, et rien, il ne sonde.

Soulevant d’une aile les flots,
La marche est sitôt amorcée,
Il va et vient sans s’arrêter
Au trot comme au galop.

Insouciance et liberté s’affirment
Quand rien ne trouble les marais,
Quand l’humanité est en paix
Et que les hommes s’aiment.

Quand, après, la bonne saison s’en va
Et que les givres naissent de l’éther,
Tristement, commence la misère :
L’onde se fige et c’est le trépas.

Tel est le triste dessein de la vie,
Quand, après l’ivresse du bonheur,
Surviennent les affres du malheur,
Il faut boire le calice jusqu’à la lie.


ANWONE Rachid, Poèmes nouveaux

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